GEOGRAPHIE
Chambéry se situe dans une plaine enserrée entre le massif des Bauges à l'est (dominé par le Nivolet sur lequel on trouve la croix du Nivolet), le massif de la Chartreuse au sud (dominé par le Mont Granier), la chaîne de l'Épine à l'ouest avec la Dent du Chat et par le lac du Bourget au nord.
La ville est baignée par la Leysse, rivière qui constitue le principal affluent du lac du Bourget.
HISTOIRE
Les hauteurs de Saint-Saturnin, à Saint-Alban-Leysse, sont occupées comme place forte depuis le Néolithique moyen (env. 4000 av. J.-C.) jusqu'à l'époque gauloise. Cet oppidum est l'ancêtre de l'agglomération de
Chambéry.
Il est fort probable qu'il fut conquis, avec le bassin de
Chambéry, par l'armée d'Hannibal en 218 av. J.-C., lors de sa traversée3 des Alpes vers l'Italie. Elle aurait trouvé dans cette riche région gauloise des vivres et du bétail pour se nourrir « pendant deux ou trois jours » d'après Polybe.
À l'époque
romaine, les habitants s'installèrent sur la colline de Lémenc, alors appelée Lemencum.
Chambéry n'apparaît vraiment comme une petite cité,
Camberiaco, qu'au XIe siècle. un acte de donation daté de 1057 atteste l'existence d'un 'burgus' et d'un 'castellum'.
Le XIIIe siècle représente une période décisive, lorsque le comte Thomas Ier de Savoie l'achète, le 15 mars 1232 moyennant 32 000 sous forts de Suse, au comte Berlion et lorsque le comte Amédée IV en fait la
capitale du Duché de Savoie, en 1295. Le développement de la ville est ensuite très lié à l'ascension de la maison de Savoie. Une nouvelle enceinte importante est construite à partir de 1352, sous l'impulsion du comte Vert Amédée VI de Savoie.
L'avènement d'Amédée VIII, premier duc de Savoie en 1416, fait de
Chambéry la capitale d'un état souverain, libéré de la domination du Saint-Empire Romain Germanique. Une nouvelle noblesse chambérienne apparaît, liée aux institutions prestigieuses que compte la ville, et s'établit dans de belles maisons particulières construites autour d'une cour centrale dominée par une haute tourelle d'escalier.
Après l'occupation française de François Ier, le duc Emmanuel-Philibert lui préfère cependant
Turin comme capitale à partir de 1563. Avec son Sénat et sa Chambre des comptes, la ville conservera néanmoins une vocation administrative maintenant une population importante de familles nobles.
La période baroque voit s'édifier d'importants hôtels particuliers marqués par l'architecture turinoise.
De 1792 à 1815,
pendant le premier rattachement de la Savoie à la France,
Chambéry est le chef-lieu du département du Mont-Blanc.
Au XIXe siècle, deux grandes périodes de développement urbain se détachent :
la première, entre
1820 et 1830, est liée aux actions bienfaitrices du général de Boigne et se caractérise par une politique d'embellissement de la ville (rue monumentale, théâtre, alignement des façades...)
la seconde, entre
1860 et 1890, s'ouvre avec le
rattachement définitif de la Savoie à la France décidé lors du Traité de Turin, le 24 mars 1860 et confirmé par plébiscite le 22 avril.
Chambéry devient alors chef-lieu du département de la Savoie. La cité s'équipe de bâtiments utilitaires (hôtel de ville, marché couvert, écoles, lycées, musées...).
Durant la première moitié du siècle, la ville grandit lentement. Sa situation géographique, ses voies de communication et son rôle administratif contribuent au développement de nouveaux quartiers (Gare, Verney, quartier d'Angleterre).
Après la Grande Guerre, la crise économique sévit, mais la ville se développe puisque qu'elle gagne
dix mille habitants entre 1920 et 1939. Elle est durement touchée par le bombardement du 26 mai 1944, lors duquel, la gare était particulièrement visée. On dénombre 120 morts et plus de 300 blessés. Trois cents immeubles sont détruits. Plus de mille familles se retrouvent sans logement. Pendant vingt années, le centre de la ville est en chantier. De grands blocs d'habitation remplacent les vieilles maisons bombardées ou incendiées. Les rues Favre et Saint-Antoine sont désormais bordées d'immeubles massifs et austères, quelquefois ornés de bas-reliefs sculptés par Alfred Janniot.
Les années 1950, malgré les efforts de reconstruction, demeurent cependant bien ternes. La venue de la grosse entreprise du Verre Textile, et la création d'une grande zone industrielle sous la municipalité de Pierre Dumas vont dynamiser la ville, même si l'industrialisation reste modeste au regard de la situation de la ville.
En 1961, elle fusionne avec deux communes limitrophes,
Bissy et Chambéry-le-Vieux. De nouveaux quartiers s'élèvent rapidement dans les années 1965-1975, et notamment une ZUP à Chambery-le-Haut sous la houlette de l'architecte Prix de Rome Jean Dubuisson.
Après les trente glorieuses, la crise économique entraîne une pause dans le développement urbain. C'est l'heure des équipements culturels qui ont fait cruellement défaut à
Chambéry : une maison de la culture, un centre de vie à Chambéry-le-Haut, un centre des congrès, une médiathèque et une cité des arts (nouveau conservatoire de musique).
Aujourd'hui,
Chambéry, ville-centre d'une communauté d'agglomération
dépassant les 120 000 habitants, mène une politique de développement et d'équipements en lien avec les 23 autres communes de son agglomération.
En 2008, s'ouvrira une grande salle à vocation pluridisciplinaire (spectacles, manifestations sportives...) renforçant ainsi le dynamisme de la cité. La population progresse d'environ 1% par an.