ETYMOLOGIE
Le premier nom de la ville fut en
celte Argentorate,
romanisé en Argentoratum. L’étymologie de ce terme est discutée, certains y voyant un lien avec la déesse celte d'argent (Argent-, épithète liée à Argentia), identifiée avec la lune. L’acception la plus courante voudrait que la racine Argento (argent, luisant) désigne un cours d'eau (cf l’Argens, l’Arques, l'Arc…), en l'occurrence, l'Ill (Ainos en gaulois). Cette hypothèse est renforcée par l’ancien nom de Horbourg (Argentovaria), commune également située sur l’Ill.
Rate désignant une enceinte, une fortification, cette hypothèse affirme donc qu'Argentoratum est l'enceinte sur l'Argenta, in extenso la cité de la rivière, du fleuve. Ce nom était alors en parfaite cohérence avec la perception de ce lieu frontière, situé à proximité du Rhin, partie intégrante du réseau de camps défendant le limes nord de l’empire romain.
Puis, à la suite de son intégration dans l’entité germanique, cette ville n'était plus frontalière, mais au cœur du réseau des cités allemandes. Sa perception n’était dès lors plus sur un axe fluvial et orienté nord-sud, mais routière et sur un axe est-ouest.
Strasbourg était en effet au niveau d’un des rares ponts permettant de franchir le Rhin et de ce fait placée sur une route majeure est-ouest. Son nom évolua alors en
Straßburg, le bourg sur la route (die Straße), la route, découlant de
Stratiburg, évoqué pour la première fois au
VIe siècle par saint Grégoire
GEOGRAPHIE
Excentrée par rapport au reste de la France, dont la plaine d'Alsace représente l'extrême façade nord-est,
Strasbourg occupe en revanche une position centrale en Europe occidentale, sur une importante voie de passage nord-sud. Il faut en effet la replacer dans l'entité plus vaste dont elle fait partie intégrante : la vallée du Rhin supérieur qui, de Bâle à Mayence, forme un couloir naturel. À la limite de l'Europe atlantique et de l'Europe continentale, elle communique au sud par les vallées de la Saône et du Rhône avec l'Europe méditerranéenne et s'ouvre au nord, au-delà des massifs hercyniens allemands, sur les grandes plaines de l'Europe du nord. À vol d'oiseau, Strasbourg se trouve ainsi à égale distance (environ 750 kilomètres) de la Méditerranée, de la Baltique et du littoral atlantique, et à égale distance (environ 500 kilomètres) de la mer du Nord et de l'Adriatique.
Néanmoins, faute d'infrastructures suffisantes,
Strasbourg n'est pas un carrefour d'échanges majeur dans l'Europe actuelle. À ce titre, il faut souligner que l'axe est-ouest qui relie notamment Francfort à Paris contourne le nord-est de la France par Cologne, Bruxelles et Lille.
Les nouvelles infrastructures (TGV Est, pont Pierre-Pflimlin) et les projets en cours (Grand Contournement Ouest, train ICE allemand, TGV Rhin-Rhône) amélioreront considérablement l'accessibilité de la ville aussi bien par l'axe nord-sud que par l'axe est-ouest.
HISTOIRE
Grand carrefour historique,
Strasbourg fut de tous temps un lieu de rencontre de religions et de cultures différentes
En l'an 12 avant Jésus-Christ, les Romains choisissent le site de
Strasbourg pour bâtir sur le Rhin un camp militaire du nom d'Argentoratum. Bouleversée par les invasions barbares, cette première agglomération renaît sous le nom de
Strateburgum, signifiant "ville des routes", dû à sa situation géographique privilégiée.
Ville libre du Saint Empire romain germanique,
Strasbourg connaît un âge d'or au cours du Moyen-Age. Dotée d'une constitution politique exemplaire et jouissant d'une économie florissante grâce à la richesse de son terroir, la ville édifie peu à peu sa merveilleuse Cathédrale Notre-Dame en grès rose. Son rayonnement intellectuel et artistique va croissant au cours de la Renaissance ; la ville devient un des grands foyers de l'Humanisme et de la Réforme.
En 1681, les troupes de Louis XIV font leur entrée à
Strasbourg. La Révolution et l'Empire parachèvent l'intégration de la ville à la France. La capitulation est négociée selon 10 articles visant à préserver les libertés essentielles de la cité sur le plan politique, administratif et religieux.
Après le siège de 1870,
Strasbourg est rattachée à l'ensemble allemand. Redevenue française en 1918, elle connaît à nouveau l'occupation allemande en 1940, jusqu'à l'arrivée des troupes du Général Leclerc le 23 novembre 1944.
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, lorsque l'idée d'une réconciliation européenne aboutit à la Création du Conseil de l'Europe en 1949,
Strasbourg est choisie comme siège de cette institution. Ainsi commençait une nouvelle étape de l'histoire de
Strasbourg, devenue symbole de l'unité et de la reconstruction européenne.
Aujourd'hui, du quartier médiéval de la Grande Ile, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, aux longues avenues de la ville "allemande", le patrimoine architectural de
Strasbourg reste le témoignage vivant de la richesse née du croisement des différentes cultures.
DEMOGRAPHIE
Strasbourg est l'une des rares communautés urbaines de France à avoir fusionné la majeure partie de l'administration de la ville centre avec celle de la communauté urbaine, fusion motivée en 1968 par un souci d'efficacité et d'économie budgétaire.
Le territoire communal strasbourgeois regroupe plus de 60 % de la population de la communauté urbaine de
Strasbourg. Celle-ci, sur ses 306 km², compte 451 240 habitants. Entre 1990 et 1999, le taux de croissance annuel moyen était de 0,73 %. Un taux qui a légèrement diminué entre 1999 et 2005 (0,68%) mais qui reste supérieur à la moyenne nationale.
L'aire urbaine de la ville a été évaluée en 1999 à 612 104 habitants sans la partie allemande, ce qui en fait
la 9e aire urbaine de France. Sa croissance est relativement soutenue, avec une moyenne de 0,83% par an entre 1990 et 1999. L'estimation 2007 de l'aire urbaine, ville de
Kehl incluse, est de
702 412 habitants